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Liebeslieder de Johannes Brahms – vendredi 12 et dimanche 14 juin


Vögelein durchrauscht die Luft,
Sucht nach einem Aste;
Und das Herz, ein Herz begehrt’s,
Wo es selig raste.

Dans un froissement d’ailes passe un petit
oiseau, espérant trouver sa branche ;
et le cœur, lui, recherche un autre cœur
où se reposer.

Johannes Brahms, Liebeslieder-Walzer op. 52, n°13

Chers amis d’OTrente,

Ce petit oiseau est le rossignol (Nachtigall), l’oiseau qui ne chante que la nuit, semblant s’adresser à la lune indifférente, compagnon de ceux dont le cœur amoureux contrarie le sommeil. L’époque romantique en fait le symbole de la musique du cœur, expansion mélodique de l’âme, portée par la vague des passions. Ainsi, le chant du rossignol est, pour le poète, comme l’écho et l’expression de sa voix intérieure, dont il essaime les plaintes ou les désirs.

Le chœur OTrente et son chef Louis Gal vous proposent, pour terminer la saison et célébrer l’arrivée des beaux jours, d’en goûter les modulations dans un programme presque exclusivement consacré aux Liebeslieder, « chansons d’amour » de Johannes Brahms.

Accompagnés au piano par Joséphine Ambroselli et Rodolphe Lospied, nous interprèterons les Liebeslieder-Walzer de l’opus 52 ainsi que certains des Neue Liebeslieder-Walzer de l’opus 65. Composés entre 1868 et 1874, ils confèrent un caractère authentiquement viennois à des textes d’inspiration polonaise, russe et hongroise, qui furent traduits en allemand par le poète Georg Friedrich Daumer. Dans un dialogue valsé entre le piano et le chœur, Brahms, variant à plaisir les rythmes de cette danse, fait entrer dans l’atmosphère raffinée et galante des salons viennois, les principaux motifs de l’idylle, avec une délicate et très mondaine grivoiserie.

Vous entendrez également les Vier Quartette de l’opus 92, autour du thème de la nuit et de l’attente amoureuse, ainsi que deux pièces a capella, Waldesnacht et Es geht ein Wehen, dont l’érotisme apparaît plus explicitement : « Le chant a des accents si horribles, si sauvages, si sombres, que le désir ardent s’est réveillé. »

Ce même désir se change parfois en une douce mélancolie, dont vous apprécierez l’expression dans le poème de F. Rückert – Ich bin der Welt abhanden gekommen – mis en musique par Gustav Mahler pour voix seule et accompagnement de piano ou d’orchestre, et arrangé pour chœur à 16 voix par Clytus Gottwald.

Mais il se retrouve, ardent et sauvage, dans la sombre forêt du Zigeunerleben (op.29 n°3) de Robert Schumann, autour du feu où dansent des bohémiennes aux cheveux dénoués.

Nous vous attendons

– le vendredi 12 juin à 20h45 à la basilique Sainte Clotilde, rue Las Cases (métro Solférino)
– le dimanche 14 juin à 16h à l’Institut National des Jeunes Aveugles (INJA, métro Duroc)

La billetterie est en ligne !

L’équipe OTrente